Les orchidées sont apparues sur terre il y a peut-être 120 millions d'années. Si le nom « orchidées » trouve son origine dans notre flore européenne et ce dès l'antiquité, les orchidées « exotiques » n'ont été importées en Europe qu'au 16e siècle (en 1510 très exactement) par les espagnols qui les prélevaient dans leurs colonies d'Amérique centrale. Ils les ramenaient en présent à leur compagne ou dans le but de les étudier.

Très vite l'orchidée fascine et au 19e siècle la fascination se transforme carrément en engouement frénétique. Toute la bonne société rêve de posséder son orchidée et les familles les plus aisées vont même jusqu'à financer des chasseurs d'orchidées.

L'orchidée est devenue le signe extérieur de richesse le plus prisé, car très onéreuse. Il faut dire qu'à l'époque les moyens de transport sont chers, les plantes survivant au voyage rares et la culture est des plus complexes. Pour exemple, en rapport des salaires de l'époque et ceux de nos jours, une orchidée coûterait 1500 euros environ.

Actuellement, on estime à environ 30.000 le nombre d'espèces réparties sur 700 genres, auxquelles s'ajoutent des dizaines de milliers d'hybrides.

A l'origine ces plantes étaient toutes terrestres, mais pour survivre dans un environnement qui ne leur convenait plus (notamment pour rechercher la lumière), elles se sont progressivement adaptées pour devenir épiphytes.

Charles Darwin (1809-1882) étudie l'évolution conjointe des orchidées et de leurs pollinisateurs à partir des observations originales faites par le botaniste Crüger sur une orchidée exotique, Coryanthes, originaire du Honduras et du Brésil, qui développe des fleurs présentant un labelle formant un réservoir souvent rempli d'eau. Cette eau s'écoule depuis deux organes en forme de cornes situés au-dessus du « bassin » visité par des bourdons qui, ayant leurs ailes trempées, sont contraints à passer par un canal inclus dans la fleur.
Ainsi, Crüger avait observé une procession de bourdon transportant avec eux du pollen.
Une autre observation de Crüger, relative au genre Catasetum, orchidée originaire de l'Amérique tropicale, révélait l'existence d'un organe désigné antenne qui, dès qu'on le touche, fait mouvoir un ressort projetant le pollen dans la direction de l'insecte au dos duquel il adhère grâce à une sécrétion visqueuse.
Ces diverses informations ouvraient un nouveau champ de travail pour Charles Darwin et, en 1862, il publia De la fécondation des orchidées par les insectes et des bons résultats du croisement qui établissait définitivement que les orchidées observées pratiquaient la fécondation croisée par l'intermédiaire des insectes.

DESCRIPTION DE LA PLANTE

On distingue les orchidées monopodiales et les orchidées sympodiales.

Orchidées monopodiale
Phalaenopsis, Vanda, Renanthera, etc.
Dans ce type de croissance la tige est la partie centrale de la plante. Elle porte les feuilles, généralement disposées de chaque côté, et émet les inflorescences et des racines aériennes. La croissance d'une orchidée monopodiale est verticale et continue. C'est généralement une plante qui vit dans des contrées sans saison sèche marquée. Elle ne peut donc pas résister à un manque d'eau chronique.

Orchidées sympodiales
Cattleya, Cymbidium, Dendrobium, Odontglossum, Oncidium, Paphiopedilum, etc.
Ce type d'orchidées croît généralement en formant des pseudobulbes qui emmagasinent une certaine quantité d'eau et de nutriments que la plante utilisera lorsqu'elle devra affronter les saisons sèches.

Chaque année la plante émet de nouvelles pousses qui naissent à la base de celles de l'année précédente, parfois aussi sur de plus anciennes. En culture, lorsqu'elles sont en phase de croissance, les arrosages doivent être copieux et réguliers. C'est pendant ce temps que la plante constitue ses réserves. Quand les pousses sont mâtures et/ou que les pseudobulbes sont complètement développés, les apports d'eau devront être plus espacés, voire suspendus.
Bien sûr ceci ne s'applique pas aux orchidées sympodiales dépourvues de pseudobulbes comme les Phragmipedium, Paphiopedillum, etc.

Les feuilles
Elles sont percées, sur leur face inférieure principalement, d'une multitude d'ouvertures microscopiques appelées stomates. Ce sont les organes de respiration et de transpiration de la plante. Grâce à eux, les feuilles captent le gaz carbonique qui associé à l'eau se transforme en sucre sous l'effet de la lumière captée par la chlorophylle (pigment qui donne la coloration verte). L'ensemble de ces processus physico-chimiques extrêmement complexes s'appelle la photosynthèse.
Les feuilles sont les « porte-parole » de la plante qui nous indiquent certains manques ou certaines erreurs de culture. Ainsi des feuilles molles ou plus fines désignent une déshydratation; un jaunissement ou un rougissement montre une exposition à une lumière trop vive. Ces signes ne sont révélateurs que s'il s'agit de feuilles récentes. N'oublions pas que les feuilles ont une durée de vie de 2 à 5 ans, voire moins pour certaines espèces.

Les racines
Leur rôle est doublement vital. D'une part, elles absorbent les éléments nutritifs (azote et sels minéraux) et l'eau qu'elles puisent sur leur substrat (ou directement dans l'air lorsqu'il pleut) et les acheminent vers les parties aériennes de la plante pour la nourrir et l'hydrater. D'autre part, elles permettent à la plante d'adhérer à son support.
Les racines des orchidées, hautement spécialisées, sont composées de deux parties : au centre une partie vivante qui assure l'acheminement des éléments nutritifs et autour le velamen ou voile de couleur blanc argenté et qui verdit quand il est mouillé. Le velamen agit comme une éponge, emmagasinant l'eau et les nutriments, et protège la partie centrale de la racine. C'est un tissu spongieux, constitué par les parois de grandes cellules mortes, ayant une rapide et excellente capacité d'absorption...
Sur une racine en plein développement, on peut remarquer un cône vert à son extrémité, constitué de cellules vivantes en division ou en voie de différenciation. Les racines reflètent à la perfection l'état de santé de votre orchidée. Sur dix orchidées qui dépérissent, neuf ont perdu leurs racines, souvent par excès d'humidité : la racine est un organe vivant qui doit respirer comme n'importe quelle autre partie de la plante.

Les hampes florales
Dans le groupe des plantes monopodiales, les hampes florales naissent à l'aisselle des feuilles, on les dit axillaires.
Chez les sympodiales, elles peuvent apparaître à différents endroits selon les genres; à l'extrémité du pseudobulbe pour les Cattleya et genres aliés, près de l'apex et le long des pseudobulbes pour les Dendrobium, à la base pour les Oncidium et une large majorité d'orchidées à pseudobulbes et au centre de la nouvelle pousse arrivée à maturité pour les Paphiopedilum.
Souvent plusieurs mois s'écoulent entre l'apparition de la hampe florale et l'ouverture de la première fleur. La floraison varie de 24 heures à 3 mois ou plus.
En général, les orchidées fleurissent au minimum une fois tous les ans. Plus les plantes sont âgées et plus les floraisons sont longues et spectaculaires.
Alors patience et prenez bien soin de vos pensionnaires : vous ne serez que plus récompensés dans l'avenir.

Les fleurs
Le plan d'organisation des fleurs d'orchidées est unique et invariable.
Ces fleurs sont composées de trois sépales à l'arrière plan, un dorsal et deux latéraux, et de trois pétales, deux pétales latéraux et un pétale inférieur, le labelle, qui est très différent par sa couleur, sa forme et sa taille.
Le labelle est placé juste sous les organes reproducteurs : ce n'est pas un hasard comme nous le verrons plus loin.
Les taxonomistes déclarent qu'une fleur fait partie de la famille des orchidacées lorsque que ces fleurs sont munies d'une colonne ou gynostème. C'est une caractéristique qu'aucune autre fleur ne possède.
L'organe mâle (pollinies), séparé par une cloison appelée rostellum, et l'organe femelle (stigmate) sont réunis dans cette colonne à l'exception de l'ovaire qui se trouve à l'arrière de celle-ci.
Les pollinies sont reliées au niveau d'un disque collant le viscidium qui permet à l'insecte de les emporter sur d'autres fleurs pour la fécondation.
Le stigmate est une cavité remplie d'un liquide épais et gluant, la cavité stigmatique, ayant pour rôle de recevoir les pollinies.

La fécondation
Dans cette disposition colonne et labelle, tout est réuni pour que l'insecte pollinisateur, souvent particulier à chaque genre d'orchidées, puisse féconder la fleur.
Le labelle par sa forme et sa taille est conçu comme une piste d'atterrissage pour recevoir l'insecte. La fleur l'attire par son parfum, son nectar et ses couleurs, mais aussi par sa sensualité. Le labelle de certaines espèces imite parfaitement les organes sexuels d'un insecte femelle. En essayant de s'accoupler à cette pseudo-femelle, le mâle de l'espèce correspondante se charge des pollinies qu'il ira déposer sur une autre fleur lors d'une nouvelle tentative.
La fleur fécondée va faner rapidement et l'ovaire va gonfler jusqu'à maturité des graines et ouverture de la capsule, ce qui peut demander de deux à dix-huit mois selon les espèces. Les graines seront dispersées par le vent. Pour les millions de graines d'une capsule répandues dans la nature, quelques-unes seulement (moins de 1 %) donneront naissance à de nouvelles plantes.

Ainsi va la vie d'une orchidée.

CULTURE EN APPARTEMENT


A l'état naturel, la plupart des orchidées exotiques sont épiphytes, ce qui signifie que les racines se fixent aux arbres (troncs, branches), et vivent souvent la tête en bas.
Pour cette raison elles peuvent recevoir directement l'eau de pluie sans problème, alors que dans nos maisons, dressées dans leurs pots, nous devons faire attention de ne pas mettre d'eau au cœur des plantes, ce qui les ferait pourrir. Mais (presque) rien ne vous empêche de les placer dans leur situation d'origine et de les fixer à une branche d'arbre, un morceau d'écorce ou une plaque de liège. Il faut savoir que cela entraîne quelques contraintes : beaucoup d'humidité ambiante (environ 80%) et des arrosages par trempage et/ou vaporisation journaliers.

Revenons sur le mot épiphyte, car beaucoup croient que les orchidées sont parasites, ce qui signifie qu'elles vivraient au profit de leur hôte : c'est faux. Aucune orchidée n'est parasite de l'arbre sur lequel elle pousse. Elles ont juste besoin d'un support afin de s'élever au dessus du sol à la recherche d'un maximum de lumière.

Ce qui nous amène au substrat ou compost C'est ainsi que l'on appelle la matière dans laquelle nous allons faire évoluer nos belles. Il se compose essentiellement, et traditionnellement, d'écorces de pin, environ 80 %, auxquelles on ajoute parfois des billes d'argile, des morceaux de polystyrène et quelques peluches de sphaigne, ou d'autres matériaux. Si vous avez la possibilité de vous procurez quelques morceaux de charbon de bois –du vrai, pas celui du barbecue– vous pouvez en ajouter également. Cela aide à combattre certaines maladies et la pourriture des racines, c'est un très bon antiseptique. On peut également ajouter un bouchon de liège, récupéré sur une bouteille de vin rouge, que l'on coupera en deux : les Phalaenopsis et les Vanda semblent aimer le tanin.

Faites votre mélange et humidifier-le la veille du rempotage, car par la suite, et en règle générale, la plante ne sera pas arrosée durant un minimum de deux semaines.

Pour les orchidées terrestres, comme Ludisia et Macodes faire un mélange d'un tiers de tourbe et terreau pour deux tiers de compost d'écorces.

Pour les écorces, on peut se les procurer chez les producteurs d'orchidées ou lors des expositions toujours auprès des producteurs. Éviter le mélange de jardineries « prêt à l'emploi » souvent trop rétenteur d'humidité et passablement dégradé

Pour le choix du contenant, pot en plastique (opaque ou transparent), pot en terre cuite, ou autre, prendre une taille légèrement supérieure lors d'un rempotage ou la même taille, car pour que la plante fleurisse, ses racines doivent remplir le contenant. Plus le pot est grand et plus la plante doit faire de racines avant de fleurir.

Les personnes qui ont une serre, préfèrent parfois le pot de terre cuite qui est plus stable sur les étagères et donne une meilleure aération due à la porosité de la matière. L'humidité qui règne dans les serres évite que le pot n'absorbe celle du substrat, alors que dans un appartement l'air est plus sec donc le pot absorbera l'humidité contenu dans le substrat au détriment de la plante. Mais pour les personnes qui ont tendance à trop arroser, cela peut être une solution. A savoir aussi que le pot de terre accumule les sels minéraux contenus dans les engrais et que le dépotage est plus délicat car les racines adhèrent à la matière poreuse.

Personnellement je préfère le pot plastique de couleur claire, voire transparent ce qui permet d'observer la qualité des racines. Pour améliorer la stabilité du pot plastique, lorsque vous rempotez votre plante, commencez par installer dans le fond des billes d'argile sur une hauteur de deux centimètres : en plus d'augmenter la stabilité cela permettra une bonne aération des racines de la plante. Éventuellement, installez votre pot dans un cache-pot rempli de deux à trois centimètres de billes d'argile et d'un diamètre suffisant pour laisser un espace de deux centimètres au moins tout autour, entre le pot et le cache-pot. Les billes d'argile, au fond du cache pot, pourront être maintenues dans un peu d'eau pour accroître l'humidité autour de la plante, mais en aucune façon cette eau ne devra atteindre le pot contenant la plante. Ceci empêcherait la circulation de l'air au niveau des racines et, de ce fait, provoquerait leur pourriture.

Pour une meilleure stabilité, on peut poser le pot sur une rondelle de mousse « Oasis » (mousse servant à piquer les fleurs dans une composition florale) qui sera en permanence imbibée d'eau. La rondelle de mousse est très pratique quand on pose le pot dans une soucoupe.

Le rempotage
Nous allons utiliser le substrat préparé la veille et le pot choisi –s'il s'agit d'un pot de récupération, il devra être désinfecté à l'eau de javel diluée et bien rincé, nettoyage à faire de préférence la veille pour que le chlore s'évapore.
Mettre des billes d'argile au fond du pot pour le drainage et la stabilité, une poignée de substrat puis la plante débarrassée des impuretés : racines mortes reconnaissables à leur couleur marron foncé et toutes molles et les débris de vieux compost adhérant aux racines saines
On tient la plante d'une main et on l'installe
• au milieu du pot s'il s'agit d'une orchidée monopodiale comme le Phalanopsis ou le Vanda,
• excentrée s'il s'agit d'une orchidée sympodiale comme l'Oncidium, le Cattleya ou le Cymbidium pour laisser la place au développement des nouvelles pousses.
Remplir de compost entre les racines, tapoter doucement le pot pour que les divers éléments pénètrent l'entrlas de racines et bien tasser le substrat sur le tour du pot et non au centre (ce qui abîmerait les racines), jusqu'à ce qu'il ne descende plus.
Comme dirait Gérard VALLOT : « Si la plante est bien rempotée, on doit pouvoir la soulever avec le pot. Si elle en sort, c'est que le rempotage est mal fait. Il faut recommencer, surtout pour les Phalaenopsis. »
Ne pas arroser mais vaporiser le compost tous les jours pendant au moins deux semaines et ne pas donner d'engrais durant les trois semaines qui suivent le rempotage car les racines ont besoin de cicatriser. De la même façon, une plante faible ou malade ne doit pas recevoir d'engrais, cela produirait l'effet contraire.
Pour vous aidez dans le choix de la grosseur du compost (écorces) :
• petites racines : petit compost (Oncidium, Dendrobium...),
• grosses racines : gros compost (Phalaenopsis, Vanda, Angraecum...).
Lorsqu'on doit couper n'importe quelle partie vivante d'une plante, le sécateur doit être désinfecté entre chaque coupe, surtout si on travaille sur plusieurs plantes Le meilleur moyen reste la flamme d'un réchaud à gaz (éventuellement, si on ne peut faire autrement ; de l'alcool à 90°, de l'eau oxygénée à 10 volumes ou de l'eau de Javel, mais le temps de désinfection devra être de 10 minutes, au moins !!!)..
Le collet de l'orchidée monopodiale ne doit pas être enterré, il doit se trouver légèrement au-dessus du compost, (collet : endroit de la plante entre les feuilles et les racines).

Pour dépoter une orchidée, la tenir d'une main et de l'autre presser le pot de manière à décoller le compost et les racines du tour du pot; puis tirer doucement sur la plante. S'il- agit d'un pot en terre, l'opération est plus délicate car les racines s'agrippent au pot à cause de sa porosité. Si cela résiste, le faire tremper environ 30 minutes. Taper doucement sur le bord de la table en tirant lentement sur la plante . Si malgré tous mes efforts elle ne veut pas sortir, il faudra casser le pot… Mais dans tous les cas, la plante doit sortir !

Quand rempoter
Environ tous les deux ou trois ans, selon que le substrat se décompose plus ou moins vite, ou immédiatement lorsqu'on vient d'acheter une plante et que le compost est trop compact et retient trop l'humidité.
Attendre, en règle générale, que la plante ait fini sa floraison avant de procéder au rempotage et surtout que la plante donne des signes de reprise de la végétation: Nouvelles pousses et nouvelles racines. Il n'y a pas de saison c'est la plante qui décide.

On peut savoir qu'une orchidée a besoin d'être rempotée lorsque le compost devient friable entre les doigts, mal odorant ou spongieux, ou bien si sur le dessus du substrat se forme un dépôt des sels minéraux contenus dans les engrais. On pourra ne changer, provisoirement, que la surface du compost si la plante est en fleur ou si cela ne fait pas très longtemps qu'elle a été rempotée.

L'arrosage
Il se fait le matin de préférence avec de l'eau douce (eau de pluie, de fonte de neige ou eau en bouteille faiblement minéralisée comme l'eau de Volvic) pour pratiquement toutes les orchidées car la plupart sont calcifuge, c'est à dire qu'elles détestent le calcaire. Prohiber l'eau adoucie, éviter les eaux déminéralisée ou osmosée, utilisées seules, car ces eaux sont dépourvues de tous sels minéraux : lles sont mal supportées par les orchidées et toutes autres plantes en pot en général.

Font exception à la règle les Cymbidium et beaucoup de Paphiopedilum qui ont besoin de calcaire (ne pas confondre avec les Phragmipedium qui, même s'ils leur ressemblent beaucoup, ont besoin d'eau de pluie). Afin de ralentir l'acidification du substrat on pourra ajouter, tous les deux ou trois mois, de la dolomie (carbonate de calcium et de magnésium) réduite en poudre, des coquilles d'œufs broyées ou des coquilles d'huîtres concassées, à raison de deux grammes par litre de compost.

L'eau d'arrosage devrait être à la température ambiante.

Comment arroser ?
Deux possibilités au choix :
• Arroser par le dessus du pot à l'aide d'un arrosoir à bec fin, la valeur d'un verre ou deux d'eau. Verser doucement (d'où l'intérêt d'un bec fin) tout autour de la plante, pour que le substrat ait le temps de s'imprégner, et laisser égoutter avant de la remettre dans son cache pot.
• Arrosage par immersion : prendre le pot à deux mains, les pouces sur le substrat et immerger le pot, le plonger aux deux tiers de sa hauteur puis le descendre doucement pour arriver au niveau du substrat. Cela durant quelques minutes, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de bulles qui remontent. Si votre plante est déshydratée, vous pouvez la laisser tremper trente minutes, voire une heure, cela ne lui fera que du bien. Laisser bien égoutter avant de la replacer dans son cache pot.

Hygrométrie ou humidité de l'air
Dans les pays où vivent nos belles l'air est le plus souvent humide (de 60 à 70 %), voire très humide (de 80 à 90 %), alors que dans nos appartements en général, l'hygrométrie n'est que de 30 à 40 %. Nous allons donc essayer de l'augmenter par tous les moyens possibles.

Certains préconisent de brumiser le dessous du feuillage avec un vaporisateur : remède peu efficace et souvent pire que le mal ! Par contre les brumisations fréquentes des racines aériennes ou quelques vaporisations au dessus du substrat peuvent apporter un petit plus. Si on a des radiateurs en fonte, installer des saturateurs augmentera légèrement l'hygrométrie de la pièce.

Lorsque vous faites une lessive, étendre le linge à côté de vos plantes donnera beaucoup d'humidité (n'oubliez pas de fermer la porte de la pièce) mais sur un court laps de temps. Cela ne fait pas très joli, c'est vrai. Mais lorsqu'on ne reçoit pas, ce n'est pas très grave en comparaison du bien être de vos plantes. Ecoutez bien, elles vous diront MERCI !

L'installation de plateaux remplis de billes d'argile (ou de pouzzolane) constamment mouillées (oui, mouillées, pas simplement humides) sous les pots apporte une augmentation de l'hygrométrie qui, sans être miraculeuse, a le mérite d'être continue.

Faute de plateaux, on se rabattra sur des sous-pots, des soucoupes ou des caches pots remplis de billes d'argile mouillées.

Vous pouvez également poser une rondelle de mousse « Oasis » de deux à trois centimètres d'épaisseur dans la soucoupe, ce qui est plus stable que les billes d'argile.

Mais les seules véritables solutions efficaces (humidificateurs à vapeur, etc.) demandent, soit de bons talents de bricoleur, soit l'achat de matériels dédiés, parfois onéreux.

Conjointement à l'augmentation de l'hygrométrie, il ne faut pas oublier la ventilation, très importante pour la santé de vos plantes : dans leurs forêts d'origine les pluies sont souvent abondantes mais l'air circule librement. Nous pouvons donc installer un ou plusieurs ventilateurs (très bien, les ventilateurs d'ordinateur !) ou un petit radiateur de salle de bains qu'on mettra sur la position « ventilation froide ».

L'engrais
• N = l'azote. Il favorise la végétation de la plante (croissance).
• P = le phosphore. Il stimule la formation des hampes florales (floraison).
• K = le potassium. Il renforce la plante et améliore ses défenses contre les maladies.

Sans apports d'engrais, la floraison peut être réduite de 80 %. Donc, pour un bon développement de la plante, on choisira un engrais dit « équilibré », de type 15-15-15 ou 15-10-15, et, pour stimuler la floraison et augmenter le nombre de fleurs, un engrais de type « plantes fleuries » 8-12-24.

Pour avoir une idée de quel engrais à donner : lorsque la plante est en phase de croissance donner de l'engrais « équilibré » 15-10-15, pendant 5 mois environ puis un engrais floraison 8-12-24. Si vous n'êtes pas sûr, vous pouvez donner en alternance, de l'engrais croissance et quinze jours plus tard, de l'engrais floraison.

II ne faut surtout pas oublier d'arroser votre plante avant de lui donner de l'engrais : on ne donne jamais d'engrais sur racines sèches. Arroser au moins deux fois à l'eau claire avant un nouvel apport, ce qui permet de rincer les racines du dépôt de sels minéraux qui, à force d'accumulation, brûlerait et détruirait celles-ci.

Lumière
Il est très important de ne pas confondre lumière et soleil : le soleil direct et mal dosé brûle ; la lumière est bienfaisante. L'exposition la moins dangereuse par rapport au soleil est le plein Est, mais pour certaines orchidées, la luminosité n'est pas suffisante. On choisira plutôt le Sud-est, le Sud (faire très attention car cela peut beaucoup chauffer) et le Sud-ouest, selon les plantes et les possibilités que l'on a. De la mi-février à la mi-octobre, on prendra soin de tirer un voilage pour protéger les plantes sensibles du soleil aux heures les plus chaudes. Pour celles qui apprécient le soleil direct, on veillera à habituer nos plantes progressivement à une telle exposition.

Voici un moyen simple qui permet d'apprécier la quantité de lumière. Un jour de plein soleil, posé une feuille de papier blanc sur la tablette à plantes. On place ensuite sa main à environ 10 centimètre au-dessus de la feuille. Si l'ombre dessine bien les contours de la main, la lumière est forte. Si l'ombre est marquée mais les contours imprécis, la lumière est modérée et si le contour est à peine visible, la lumière est faible.

Pour connaître les besoins de vos plantes en lumière, referez-vous aux fiches de cultures ou aux ouvrages spécialisés.

Température
La floraison des orchidées est plus ou moins directement influencée par le rythme des températures En fonction de leurs besoins, on classe traditionnellement les orchidées en trois groupes culturaux :
• Climat chaud
o Température jour : 18°C à 30°C,
o Température nuit : 16°C à 25°C,
o Différence jour nuit : 2 à 5°C

Dans cette catégorie, on trouve les Phalaenopsis, Aerangis, Cochleantes, Vanda, Ascocentrum, certains Oncidium, certains Dendrobium et bien d'autres... Pour cette catégorie, il ne sera pas difficile de reproduire la différence de température nycthémérale car, les nuit étant toujours plus fraîches, la température descendra naturellement de quelques degrés.
• Climat tempéré
o Température jour : 16°C à 22°C,
o Température nuit : 13°C à 16°C,
o Différence jour nuit : 5°C à 10°C
Dans cette catégorie, nous trouvons les Paphiopedilum, Miltoniopsis, Epidendrum et Encyclia, certains Dendrobium, entre autres.

Pour les espèces de cette catégorie, il faudra un plus grand écart de température entre le jour et la nuit. Pour ce faire, diminuer le thermostat de votre radiateur ou bien ouvrir légèrement la fenêtre tout en laissant les volets fermés : à vous de voir selon la saison et l'intensité du froid extérieur.
• Climat froid
o Température jour : 13°C à 18°C,
o Température nui t: 8°C à 14°C,
o Différence jour nuit: minimum 10°C
Parmi ces orchidées, nous aurons les Cymbidium, certains Dendrobium, certains Coelogyne et Odontoglossum.
Pour celles-ci, ce qui est vraiment important c'est la fraîcheur nocturne. Nous pourrons employer la même méthode que pour le climat tempéré, c'est à dire fermer le radiateur et ouvrir la fenêtre, en étant prudent avec les courants d'air.


LA VENTILATION C'EST IMPORTANT!


Les orchidées apprécient non seulement un compost aéré mais également une circulation d'air autour des parties aériennes de la plante, feuilles et fleurs, évitant ainsi les maladies bactériennes et fongiques, fréquentes dans les atmosphères confinées. Ainsi, les fleurs piquetées de petits points noirs d'un Phalaenopsis sont dues au développement intempestif du champignon Botrytis cinerea par le manque de ventilation.
Pour établir cette circulation d'air indispensable, il faut prendre quelques précautions, car il faut éviter les courants d'air préjudiciables. Pour une seule plante, il est inutile de s'équiper d'un ventilateur. En fait, un mouvement d'air de 1m/sec. Autour des plantes est suffisant, au-delà elles sèchent trop vite.
Pour percevoir ce mouvement, il suffit accrocher des brins de laines de 10cm environ sur des plantes placées à différents niveaux. Si le brin bouge, la circulation d'air se fait autour de la plante. Pour plusieurs plantes, acheter un petit ventilateur, à placer à la distance adéquate pour faire bouger la laine. Certaines espèces 'Masdevallia' ont un besoin vital d'air en mouvement.
Par temps chaud, il est essentiel de ventiler pour abaisser la température de la plante et éviter d'avoir à brumiser trop souvent, surtout si l'on ne dispose pas d'un système automatique.
Il faut vérifier que les serres, surtout les petites, soient pourvues d'aérateurs latéraux et de toit.
L'idéal est d'avoir des ouvertures grillagées, équipées d'aspirateurs d'air frais sous tablettes. Les systèmes de ventilation, très desséchants, ne doivent jamais être installés juste au niveau des plantes. En été, on peut ouvrir la porte de la serre ; on court alors le risque d'y faire entrer des parasites et de provoquer un courant d'air fatal.
On peut aussi sortir les plantes dans le jardin en les protégeant des rayons du soleil et des vents froids selon les espèces.
Même en hiver, une circulation d'air est indispensable car les orchidées préfèrent un air en mouvement, même plus frais que prévu, plutôt qu'un air stagnant favorable aux maladies. Il suffit de veiller à ce que cette circulation d'air ne refroidisse pas trop l'atmosphère.

QUESTIONS /REPONSES


-Les orchidées fleurissent elles tous les ans ?
Contrairement à certaines idées reçues, les orchidées fleurissent tous les ans, quelles qu'elles soient ; parfois deux fois par an (cas des Phalaenopsis par exemple). Il existe aussi des hybrides, ou des espèces dont les fleurs s'épanouissent successivement, offrant ainsi des floraisons de 8 à 9 mois (Psychopsis, certains Paphiopedilum et Phragmipedium).
Faut-il encore réussir à les faire fleurir !

-Quelle est la durée de floraison ?
Elle varie de quelques heures à plusieurs mois. Les Phalaenopsis sont les détenteurs du record en matière de durée (2 à 3 mois) et la plupart des orchidées couramment commercialisées en jardinerie, ont une durée de floraison qui varie de 1 à 3 mois.

-Est-il normal que les feuilles deviennent soudainement molles ?
Non ce symptôme, indique que la plante est en train de se déshydrater. Deux possibilités s'expliquent :
Le manque d'arrosage et d'humidité.
L'excès d'arrosage.

-Pourquoi les boutons floraux jaunissent ils ?
Plusieurs choses peuvent occasionner le jaunissement et la chute des boutons :
Ecart de température trop important.
Baisse excessive de la luminosité.
Courant d'air froid.
Changement de position de la plante, par rapport à sa principale source de lumière.
Manque d'humidité.
Application d'insecticides sur les boutons.
Manque d'arrosage.

-Faut-il couper la hampe florale après la floraison ?
Il est recommandé de couper la hampe à sa base, dès la fin de la floraison. Pour la plupart des Phalaenopsis, il convient de couper au dessus du deuxième, ou du troisième nœud en partant de la base, 80% des cas, une hampe redémarre depuis ce dernier.
Pour les orchidées, à floraison successive (Psychopsis, certains Paphiopedilum,…) l'inflorescence ne doit pas être coupé, sauf si elle se dessèche.

-Est-il indispensable de diviser une orchidée qui possède de nombreux pseudobulbes ?
La division présente un caractère obligatoire lorsque la plante devient trop imposante.

-Peut-on rempoter en toutes saisons ?
Les rempotages doivent être effectués bien avant ou juste après la période de floraison. L'activité végétative des végétaux étant toujours ralentie pendant les mois d'hiver, il faut éviter cette saison (sauf en cas de force majeure), et préférer le départ de la végétation (pseudobulbes et racines).

-La culture des orchidées en pot de plastique est-elle une obligation ?
Le pot en plastique peut être remplacé par un pot en terre, lequel est même recommandé pour la culture de certaines plus sensibles que d'autres aux excès d'arrosage, et la pourriture des racines (Cattleyas, Oncidium,…).